La respiration du chanteur

 

Comment, concrètement, se fait la respiration quand on parle ou quand on chante ? En quoi est-ce si différent que quand on respire sans acte particulier ?

 

Avant de visionner cette vidéo sur la respiration je vous invite, si ce n’est déjà fait, à regarder la précédente dont le lien s’affiche sur votre écran. J’y rappelais comment le mouvement naturel de la respiration se fait, quand il n’est pas perturbé, puis quand il l’est pour toutes sortes de raisons. Je vous ai conseillé enfin d’observer votre respiration, pour identifier vos tensions éventuelles.

 

Bonjour à tous, ici Anita Covelli, chanteuse, comédienne et coach vocal. Avant de revenir au sujet du jour, je vous rappelle que vous pouvez toujours recevoir gratuitement mon ebook Le Petit Livre de la Voix, en vous inscrivant à la newsletter de mon blog voixlavie.com. Faisons d’abord un bref rappel

 

Sans acte

 

À l’inspiration, l’air rentre dans les poumons, le diaphragme s’abaisse, pousse les viscères et le bas de la cage thoracique s’ouvre légèrement. C’est la phase active. A l’expiration, l’air ressort du corps par la bouche ou le nez et tout revient naturellement à sa place. C’est la phase passive. Le cycle respiratoire s’il est libre, est régulier. voyons à présent la différence avec

 

L’acte phonatoire

 

Vous allez placer une main juste dessous les côtes, sur le ventre comme ceci. Dites à présent un HEY ! Assez grave et assez sonore. Que fait votre main ? Elle est poussée vers l’extérieur, en principe. Pourquoi, à votre avis ? Est-ce là les abdominaux qui se contractent ? Non. D’ailleurs pour en être sûrs, contractez les, comme quand vous soulevez une charge lourde, ou que vous êtes à la selle. Et maintenant essayez de dire quelque chose. Vous voyez bien que ça ne marche pas du tout. Donc déjà, vous pouvez vous enlever de la tête cette idée fausse que l’on chante avec ses abdominaux contractés ! Mais alors que se passe t-il ?! Eh bien le diaphragme descend, il pousse par conséquent sur les viscères, et le ventre se gonfle, naturellement. Pourquoi descend-il ce diaphragme ? Pour maintenir l’air à l’intérieur et soutenir votre HEY !

 

On peut dire que l’air est le carburant qui nous sert à produire des sons. Maintenant, essayez de redire HEY en laissant l’air sortir, ça donne quoi ? Pas grand chose n’est-ce pas ?!

 

Donc, contrairement au cycle de la respiration sans acte phonatoire, l’expiration devient ici active. La pression de l’air contenu dans les poumons s’adapte à l’exécution de l’acte en cours et en même temps, respecte les besoins de l’organisme qui doit continuer de s’oxygéner. Dans l’idéal, l’inspiration devient un réflexe, elle devient plus passive dans le sens où on laisse l’air rentrer, simplement. Elle se raccourcit considérablement aussi, alors que l’expiration se prolonge de façon variable, avec des pauses éventuelles. C’est important d’en prendre conscience, la respiration se met au service de l’acte phonatoire, les nécessités vitales en air de l’organisme passant au second plan.

 

Seulement, si tout cela n’est pas bien équilibré, si nous ne gérons pas bien notre air, on peut ressentir très vite toutes sortes de sensations désagréables, comme celle d’étouffer, de s’essouffler aussi, car même au second plan, les nécessités en air de l’organisme restent vitales ! Malgré tout, ne croyez pas qu’il faille faire de gros efforts respiratoires pour bien chanter et pour être à l’aise pendant que vous être en train de chanter. En fait, c’est tout l’inverse. Plus vous prendrez une grande bouffée d’air avant de chanter, et plus vous produirez des tensions inutiles, surtout au niveau des clavicules. Trop d’air, trop de pression sous les cordes vocales et on veut l’expulser, à terme cela peut leur causer des problèmes d’ailleurs. Pas assez d’air et la voix n’est pas soutenue, on n’arrive pas au bout de la phrase, ça ne fonctionne pas.

 

On ne peut pas travailler directement sur la façon dont les cordes vocales s’accolent. Mais en changeant la façon dont l’air sort, dans le tout petit espace laissé entre elles quand elles se rencontrent pour faire leur danse vibratoire, on peut justement modifier cette danse et au final obtenir une meilleure qualité vocale.

 

Dans mon parcours de chanteuse apprenante, j’ai entendu toutes sortes de choses bizarres, opaques voire totalement farfelues sur la façon de gérer l’air quand on chante. Aujourd’hui les coachs vocaux, les profs de chant sont censés être formés à l’anatomie, à la mécanique respiratoire… On en sait d’ailleurs beaucoup plus aujourd’hui sur le sujet, grâce notamment aux pratiques venant d’Asie, comme la méditation, le yoga… Certains spécialistes proposent une vraie approche, de vraies méthodes pour se réapproprier la fluidité, la liberté de sa respiration.

 

Il faut comprendre qu’il n’y a pas de recette à appliquer, chaque personne est unique, avec son histoire propre, ses blocages, ses tensions à prendre en compte pour lui proposer un travail efficace. Dans la prochaine vidéo, justement, je vous parlerai de différentes méthodes avec une approche fonctionnelle, qui peuvent vraiment aider à se sentir mieux dans sa respiration.

 

En attendant, je vous encourage à continuer d’observer la vôtre, à lui laisser toute son amplitude. Amusez-vous à être dans cette observation, laissez le flux de vos pensées de côté pour quelques minutes. Dans cette pratique, non seulement vous identifiez vos tensions mais aussi, vous agrandissez votre perception de vous même, tout en étant actif.

 

Le souffle aide beaucoup à la conscience de soi !

 

Je vous remercie beaucoup de votre présence, justement. J’espère que vous avez trouvé de la valeur dans ce moment que nous venons de passer ensemble. N’hésitez pas à commenter, à partager cette vidéo aussi sur vos réseaux sociaux, à en parler autour de vous.

 

D’ici la prochaine fois, soyez reconnaissant, à l’écoute des émotions de la vie, et n’oubliez pas d’être heureux aujourd’hui !

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